Far Cry Primal : back to the mesolithic

Ubisoft propose cette année un bond plutôt conséquent dans le passé et nous envoie directement au Mésolithique loin des véhicules et des phases de tirs nerveuses habituelles de la série Far Cry.Néanmoins Far Cry Primal prend soin de conserver tout ce qui a fait la réussite de l’AAA d’Ubisoft : la survie. C’est en force que cette dernière revient sur le devant de la scène dans le dernier FPS de l’éditeur français et après avoir été quelque peu mis entre parenthèses dans le quatrième épisode de la série. Et survivre en slip panthère dans un monde plus que sauvage, ça c’est la classe !

Back to the futur.gif
« Hé Marty !  Viens voir le mammouth »

Man vs. Wild

Un couché de soleil, accroupi dans les herbes hautes, les pas d’un troupeau de mammouths qui battent le sol en rythme, une sagaie à la main Takkar et son groupe de chasseurs Wenja sont à l’œuvre. Ils sont à la recherche d’Oros, terre d’asile où a élu domicile le peuple Wenja auquel ils appartiennent. Mais l’El Dorado attendra, il faut à Takkar et ses congénères se nourrir car cela fait des jours qu’ils n’ont pas pris leur dose de protéines et très sérieusement ils ont la dalle. Ni une, ni deux, ils passent à l’action prenant pour cible l’élément faible du troupeau. Les coups de silex ont raison du mastodonte qui s’écroule après s’être vaillamment défendu face à des hommes qui ne cherchent qu’à répondre au premier besoin de la pyramide de Maslow. C’est sans compter un tigre aux dents de sabre monstrueux qui, tel vous et moi devant un buffet asiatique, va décimer un par un les frères de Takkar. Ce dernier s’en sortira in extremis mais le Crocs de Sang, n’a pas dis son dernier mot et dans sa quête de survie notre héros finira par atteindre Oros. Rapidement Takkar apprendra auprès de Sayla, chasseresse Wenja, que les membres de sa tribu sont éparpillés aux quatre coins d’une terre pas aussi bénite que prévue. En effet, pour leur survie face aux Udam et aux Izila les Wenja ont du se séparer. Takkar se doit alors de devenir le messie de son peuple afin de les libérer du joug ennemi et de leur rendre leur liberté.

Far Cry Primal 1.jpg
« TAKKAR A FAIIIIIIIIIIIIIIIM »

Anthropophagie, ça se soigne docteur ?

Une crainte avant d’acquérir Far Cry Primal, dont le gameplay mettait l’eau à la bouche au fur et à mesure des trailers, était d’avoir un jeu sur fond de préhistoire sans réel scénario. Vous l’aurez compris, l’introduction du dernier né d’Ubisoft Montréal remet vite les pendules à l’heure. Au-delà de sa propre survie il y aura un objectif bien plus profond que cela, c’est-à-dire la survie de l’humanité. Pour cela, il va falloir se dresser contre les Udam et les Izila, et donc contre leurs chefs respectifs Ull et Bakari. La première rencontre avec Ull m’a littéralement laissé sur le cul, aussi bien mon avatar que moi-même, et je me suis dis que ce mec était certainement le premier psychopathe de l’humanité. En effet, on apprend rapidement qu’après avoir adopté le cannibalisme pour survivre à une ère glacière mortelle, les Udam ont changé de régime alimentaire préférant la chaire Wenja à celle de leurs frères et sœurs. Mais lorsqu’Ull et les Udam attaquent votre village grandissant après quelques heures de jeu, il décide de vous laisser la vie sauve en vous promettant d’assister à l’agonie des Wenja d’Oros. Cette cruauté de Ull envers les Wenja semble aller au-delà de la survie de son peuple, et tient beaucoup plus d’un plaisir pathologique que d’un besoin primaire. Au fur et à mesure du jeu je me suis rendu compte que les finalités des Udam et des Izila étaient beaucoup plus triviales que cela, en effet leurs agissements envers les Wenja ne sont dictés que par la craintes d’éléments naturels qui par le passé ont détruit leurs vies. Ainsi les deux peuples se sont créés des idoles, des divinités afin de rationnaliser l’ère glacière pour les Udam et les éruptions solaires pour les Izila, qui les ont tant fait souffir. Les Wenja ne sont que les agneaux sacrificiels de ces deux peuples. Finalement l’histoire principale de Far Cry Primal est des plus linéaire, elle n’atteindra jamais son paroxysme et le turning point tant attendu tout au long de la partie de viendra jamais. Néanmoins le tout est saupoudré de quêtes annexes plutôt bien amenées et de personnages hauts en couleurs dans la pure tradition Far Cry.

Ice Age 1.gif
A l’époque la faune était bien plus agressive que de nos jours

Profession : maître des bêtes

Le gameplay de Far Cry Primal reprend les codes de ses prédécesseurs et des FPS en général.  Ainsi on retrouve le HUD classique avec une carte, l’arme principale, l’arme secondaire et la roue des armes. Des armes Takkar en a quelques unes, Ubisoft nous offre la possibilité de varier les plaisirs malgré l’époque lointaine dans laquelle s’inscrit Far Cry Primal. On trouve dans la besace du Wenja un arc, une sagaie, une fronde, un gourdin mais aussi des bombes artisanales. Pour vous aider dans vos différentes quêtes, l’éditeur français inclus un système directement bien connu des fans de la série Assassin’s Creed qui n’est autre que la vision d’aigle sous l’appellation vision de chasseur. En parlant d’aigle (transition de fou), c’est par le biais d’une chouette que Far Cry Primal tire son épingle du jeu. En effet, après quelques heures de jeu nous avons la chance de rencontrer Tensay le chaman Wenja qui, après quelques cranes d’une boisson proche d’un Sex on the Beach, nous apprend à apprivoiser la faune d’Oros. Ce pouvoir chamanique permet dans un premier temps d’adopter une chouette qui remplace l’appareil photo et les jumelles des deux derniers épisodes. L’oiseau est des plus utiles lorsqu’il faut repérer les ennemis avant de passer à l’offensive. Mais le pouvoir de notre protagoniste ne s’arrête pas là car il est également possible dans Far Cry Primal d’apprivoiser une faune qui donne du fil à retordre lors des premiers pas dans Oros. Ainsi il sera possible pour Takkar d’adopter loups, dholes, tigres à dents de sabre, ours ou encore mammouths. Ces amis à quatre pattes sont de précieux alliés face aux divers dangers rencontrés lorsque l’on complète la carte du jeu. Ils permettent également, en les chevauchant, d’aller rapidement de camps en camps ou de buchers en buchers ces derniers remplaçants les tours de contrôles des Far Cry 3 et 4.  Une des forces de Far Cry Primal est d’avoir réussi à conserver les mécanismes de jeu qui ont fait la réussite de la saga tout en les adaptant au Mésolithique, on pourra quand même regrette la présence du grappin qui avait tout son sens dans le dernier épisode mais qui tient plus de l’anachronisme dans celui-ci.

Far Cry Primal 2.jpg
Takkar a bien l’intention de tous les capturer

Smarkaka Takkar, ta gwarpati!

Graphiquement Far Cry Primal est beau. Il est beau mais n’est pas à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre de la curent gen. Les environnements et les décors sont riches, variés et bien détaillés. On apprécie les différents environnements de la carte qui permettent de changer considérablement l’ambiance du jeu et notre façon de progresser dans Oros. Ainsi, il est possible de parcourir de vastes plaines, puis de passer dans une dense forêt avant de rejoindre les espaces enneigés des monts d’Oros. Mais certaines textures et modélisations manquent de travail, on regrette parfois de ne pas voir d’évolutions conséquentes entre ce dernier opus et ses aînés. Néanmoins, Ubisoft Montréal a fait un travail sublime sur les jeux de lumières, c’est un réel plaisir de voir le soleil se lever, se coucher, fendre de sa lumière les forêts ou encore de voir la voie lactée au dessus de Takkar rappelant ainsi la pollution des multiples lumières artificielles de notre monde. L’ambiance sonore de Far Cry Primal est également au rendez vous et c’est d’autant plus un plaisir, ou une angoisse tout dépend de la situation dans laquelle on se trouve, de jouer avec un casque. Les développeurs ont pensé à tous les sons possibles pour immerger les joueurs et leur donner une expérience de jeu des plus réalistes. Vous pourrez alors entendre la faune sauvage d’Oros se rapprocher de vous, le vent s’engouffrer dans vos cheveux sales et même les arbres pousser. Le tout est enrobé de musiques tribales et du dialecte Wenja. Sur ce dernier point l’éditeur français frappe un grand coup ! En effet, afin de garantir une immersion poussée Ubisoft à ranimer une langue morte le « proto-indo-européen » avec l’aide de deux linguistes de l’Université du Kentucky (Phrasebook ici). Et c’est une vraie réussite, on finirait presque par comprendre ce que disent les Wenja sans avoir besoin des sous-titres.

Ace Ventura.gif
Le contact avec les autochtones peut être quelque peu … douloureux

Le mot de la fin

Il est temps de conclure sur ce Far Cry Primal. Le triple A d’Ubisoft offre une expérience nouvelle tout en conservant et en adaptant les mécanismes qui ont fait le succès de la série. On regrettera néanmoins un scénario plutôt plat ainsi le manque de charisme des grands ennemis et de Takkar lui même qui nous rappellerons avec nostalgie Jason, Vaas ou encore Pagan Min. Far Cry Primal  est parfois un peu répétitif mais cela est amoindri par une durée de vie allégée, il faudra environ une soixantaine d’heures de jeu pour le terminer à 100%. Par ailleurs, les sérials gamers apprécieront également le fait de pouvoir facilement débloquer tous les succès, ou trophés selon votre console, du jeu. La réalisation maitrisée fait que Far Cry Primal permet une immersion totale dans Oros et une implication complète dans la survie de ses ancêtres.

8 réflexions sur “Far Cry Primal : back to the mesolithic

  1. En effet, ton analyse est très détaillée et intéressante. Perso, Far Cry Primal ne m’attire pas. Même si les graphiques sont riches, le thème de la préhistoire ne me plait pas.

    J'aime

  2. Tiens, c’est la première critique a peu prés positive que je vois. Dans l’ensemble je suis d’accord avec toi. Je trouve que la série s’éssoufle et que FCP n’était pas assez aboutit tant bien au niveau du scnénario que des personnages que du gameplay. Si c’est le premier Far Cry qu’on fait, peut être que la sauce prend mieux, mais si on a fait le trois et le quatre… C’est plus compliqué.
    Bref, très bonne critique. (:

    Aimé par 1 personne

    1. Merci! 🙂
      Effectivement, l’un des gros points noirs de ces jeux qui sortent régulièrement (trop régulièrement?), comme Assassin’s Creed ou encore CoD, c’est qu’ils ne se renouvellent plus. Dès lors un sentiment de lassitude s’installe chez le joueur, pour exemple je n’ai toujours pas terminé Assassin’s Creed Unity et je passe encore mon tour pour Syndicate, car il n’y a plus de challenge ou d’effet de surprise. Si Far Cry n’y échappe pas, le 4 étant une copie au rabais du 3, Primal sort quand même du lot en emmenant le joueur hors de sa zone de confort et en créant la surprise du thème comme l’a fait Blood Dragon. Mais ce n’est pas assez malheureusement. En tant que joueur j’attends plus de prise de risque de la part des éditeurs et des développeurs 🙂

      J'aime

      1. J’ai jamais joué à aucun de CoD et j’ai joué qu’à AS Brotherwood (je crois) et je sais une chose, je n’aime pas. Clairement deux ou trois jeux de la même licence par an c’est trop (pour AS avec toutes les extensiosn qu’ils font.)
        Il y a des bonnes intentions pour FCP (j’en ai aussi fait un article) mais comme tu le dis, ça ne suffit pas et ça s’en le réchauffé.

        Aimé par 1 personne

  3. Belle analyse ! Je suis d’accord avec toi dans l’ensemble. J’ajouterai juste que le gameplay reste inchangé par rapport aux autres opus, ce qui est quand mme vraiment dommage ! Le scénario est carrément plat mais pas inintéressant. Seulement une trentaine d’heures pour finir le jeu tu es sûr ? Je viens de le platiner et je totalise plutôt 60-70 heures mais j’ai peut-être pris mon temps au début…

    J'aime

    1. Merci beaucoup ton commentaire me fait vraiment plaisir!
      Effectivement il faut que je rectifie ce que j’ai écris, j’ai finis le jeu en 62 heures pour obtenir tous les succès. En revanche je pense qu’en une trentaine d’heures le mode histoire est finis 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s