Quantum Break : code quantum version 2016

J’avais commencé la rédaction de cet article quelque peu avant l’été, que le temps passe vite. D’ailleurs c’est du temps dont nous allons ici discuter puisque nous nous intéresserons au dernier né du studio finlandais Remedy : Quantum Break.Après l’excellent Alan Wake, le petit mais talentueux studio s’allie de nouveau à Microsoft afin de proposer aux joueurs évoluant sur Xbox One une nouvelle expérience vidéo ludique qui sur le papier promettait des merveilles. Entre motion capture, série télévisée et saut dans le temps, qu’en est-il vraiment ?

Nom de Zeus, Marty !

Le 9 Octobre 2016, oui c’est aussi la date d’aujourd’hui (coïncidence ? je ne crois pas !), Jack Joyce rentre en urgence de Thaïlande afin de rejoindre son ami d’enfance, le milliardaire Paul Serenne. Il est 4h00 du matin quand nous retrouvons notre protagoniste sur le campus de l’Université de Riverport, Paul a « quelque chose » à lui montrer et visiblement cette « chose » ne peut pas attendre (4h00 du mat’, WTF !?). Nous traversons alors un domaine universitaire en pagaille, une manifestation opposant les étudiants de Riverport à la multinationale Monarch Solutions vient tout juste de se terminer. On apprend alors que le groupe participe activement à la rénovation du campus et qu’il compte détruire la bibliothèque centenaire présente sur ce dernier. S’en est trop  pour les étudiants de Riverport qui, contre la destruction de leur patrimoine, ont décidé de se mobiliser contre Monarch Solutions.

Très rapidement Jack retrouve son ami qui va alors lui présenter une découverte qui changera certainement le monde : une machine à voyager dans le temps. Rien à voir avec une Dolorean, nous nous retrouvons là devant une structure complexe dont la forme circulaire du couloir qu’elle dessine nous rappelle celle du cadran à notre poignet et dont la technologie nous dépasse très largement.

Back to the futur.gif
« Quitte à voyager à travers le temps au volant d’une voiture, autant en choisir une qui ait de la gueule ! »

Qu’à cela ne tienne, le naïf Jack va aider son ami à pénétrer dans la machine et à la mettre en marche, ensemble ils remonteront le temps. De cinq minutes ! Oui je sais c’est un peu décevant mais c’est comme ça. C’est à se moment précis que William, le grand frère de notre personnage principal, fait irruption dans la salle. Il met alors en garde Jack : les hommes de doivent pas jouer avec le temps, sous peine de voir le monde se consumer à petit feu. Oups, trop tard !

La fracture temporelle ouverte, l’ami milliardaire se fait prendre au piège dans les limbes du temps et Jack se met à développer de surréalistes pouvoirs. Tandis que la fracture prend de l’ampleur au fil des minutes qui s’écoulent, Jack et William se retrouvent encerclés par des mercenaires travaillant pour Monarch Solutions. Alors qu’ils tentent de s’échapper, c’est un Paul Serenne aux tempes grisonnantes et à la tête des troupes de la multinationale qui fera sa réapparition afin d’éliminer l’encombrant William Joyce. C’est alors une course contre la montre qui commence pour Jack Bauer afin de rétablir le temps mais aussi sauver son frère.

Prince of Riverport : les sables du temps 

Vous l’aurez peut être compris en lisant la partie précédente mais la structure narrative de Quantum Break peut être parfois complexe, elle se façonne autour des voyages dans le temps de plusieurs personnages. Ainsi, derrière sa manette le joueur va peu à peu récupérer différents éléments (artefacts, dossiers, articles, mails …) qui vont petit à petit éclairer sa compréhension de la situation. Toutefois c’est seulement au dernier acte qu’il sera possible d’assembler ces différents indices afin d’en tirer une conclusion finale. Fort heureusement, le gameplay de Quantum Break se veut plus simple à assimiler.

Remedy livre ici un Third Person Shooter (TPS) en apparence plutôt classique, voir facile tant dans son assimilation que dans son utilisation. Ainsi, dès la première demi-heure de jeu Jack Bauer Joyce se révèle être un formidable tireur, on nous explique brièvement dans un dialogue entre son frère et lui qu’il a du apprendre à se sortir de « mauvaises situations » lorsqu’il était en voyage à Bangkok. M’ouais.

Quantum Break 1.jpg
Dans Quantum Break, Jack Joyce peut ralentir ses ennemis

De plus les développeurs ont été assez généreux afin que le joueur ne se retrouve pas nu devant l’armée de Monarch, on ne manque alors pas d’armes et de munitions, sauf de grenades car Quantum Break en est totalement dépourvu. On note également que le système de couverture, grande particularité des TPS depuis le blockbuster Gear of War, proposait par le studio finlandais est lui aussi simpliste puisqu’il a été totalement automatisé. Ainsi Jack se met automatiquement à couvert sans que vous n’ayez rien à la lui demander, c’est aussi simple que ça.

Finalement la grande originalité du gameplay de Quantum Break réside dans les capacités développées par Jack suite à l’explosion de la machine et à l’apparition de la fracture temporelle. Dès lors notre héros va pouvoir arrêter momentanément le temps, le ralentir pour ainsi rusher au milieu de ses assaillants, étourdir un ennemi aussi rapidement que Barry Allen ou encore générer un bouclier temporel autour de lui. La plupart des ennemis que vous rencontrerez ne pourront rien faire contre vos divins pouvoirs, et même lorsqu’ils seront équipés de la technologie de Monarch Solutions les éliminer restera un jeu d’enfant. Les capacités de Jack vont pouvoir être améliorées et développées au fil du jeu grâce à l’expérience accumulée et à des artefacts collectibles, les « chronons », dispersés dans les différents chapitres. Les pouvoirs de notre protagoniste sont originaux, ils offrent des séquences de jeux totalement délirantes et grisantes, Remedy dépoussière alors le genre du TPS. Toutefois, on regrettera la simplicité et le minimalisme du gameplay en dehors de ces phases mais aussi la linéarité ou encore le manque de difficulté de ce dernier

Rencontre du troisième type : entre série et jeux vidéo 

Graphiquement Quantum Break est magnifique par bien des points. Les textures et les jeux lumières sont beaux, notamment lorsque le temps est arrêté, on peut alors admirer la fracture temporelle comme si elle avait été dessinée sur un tableau (cassures, failles, suspensions …) tandis qu’on oublie sa présence lorsque le temps défile normalement. On apprécie une nouvelle fois avoir un jeu dans lequel les interactions avec le décor sont possibles, notamment les éléments destructibles comme les extincteurs ou les barils qui permettent de mettre un peu de piment dans certaines phases de jeu. Mais c’est surtout la modélisation des personnages qui est impressionnante dans Quantum Break. En effet, les personnages principaux ont été travaillés et modélisés à l’aide la motion capture. Cette technique de modélisation, principalement utilisée au cinéma, permet d’avoir un rendu final bien plus proche de la réalité. Ainsi les gestes, les postures mais aussi les expressions faciales sont impressionnantes de réalismes. Ce sentiment est d’autant plus fort que ce sont pour la plupart des acteurs connus qui ont été appelés par Remedy et la firme de Redmond pour prêter corps et voix aux personnages de Quantum Break. On retrouve alors Shawn Ashmore (XMen ; Smallville) dans le rôle de Jack Joyce, Dominic Monaghan (Le Seigneur des Anneaux ; Lost) interprète William Joyce ou encore Aidan Gillen (Game of Thrones) jouant Paul Serenne.

Quantum Break 2.jpg
Shawn Ashmore et Dominic Managhan sur le tournage de Quantum Break, un jeu développé en trois ans et filmé sur un an et demi

La motion capture n’a pas seulement permis d’avoir un rendu exceptionnel au niveau de la modélisation des personnages. Elle a également permis la création d’une mini-série, non plus vidéoludique mais filmée, intégrée directement au jeu. Ainsi après chacun des cinq actes, le joueur se retrouve dans ce que les développeurs ont appelé une jonction. Durant ces jonctions on incarne brièvement un Paul Serenne devant faire des choix cruciaux afin de mener à bien ses objectifs. Bien évidemment les choix effectués ont un impact sur le déroulé de l’histoire, ils peuvent aussi bien mettre des bâtons dans les roues de Paul comme ralentir la progression de Jack. Après chaque jonction un épisode la mini-série est diffusé, la tournure de l’épisode dépend alors du choix fait précédemment. Si le jeu permet d’en apprendre plus sur Jack et son frère, la série, quant à elle, offre l’opportunité d’appréhender tout le background du scénario. Ainsi, elle amène des éléments de réponse sur le scénario, le déroulement des événements mais elle permet également d’approfondir les relations entre des personnages secondaires. Entre cinéma, série et jeux vidéo, le mélange des genres est un peu déconcertant, notamment la première fois lorsqu’après une heure de jeu on est stoppé par vingt minutes de film. Néanmoins cette sensation s’estompe rapidement au vue de la qualité de la série et des acteurs qui jouent dedans. De plus ces phases ont, à mes yeux, un réel intérêt au vue de la complexité de l’histoire de Quantum Break.

Quantum Break 3.jpg
Lance Reddick est également de la partie en temps que bras droit de Paul Serenne

Le mot de la fin

Une nouvelle fois Remedy offre aux joueurs évoluant sur les plateformes Microsoft une expérience novatrice et de qualité. Quantum Break impressionne par sa structure narrative digne d’une série ou d’un film de J.J Abrams. Cette sensation est notamment portée par un scénario de qualité dont les twists scénaristiques sont bien gérés mais aussi grâce à la mini-série qui apporte un véritable fond aux propos de Quantum Break. On peut parfois regretter la simplicité du gameplay qui est à peine compensée par le fun dégagé par les phases d’action nerveuses et rythmées. Toutefois Quantum Break ne doit pas être vu comme un simple jeu d’action mais comme un divertissement ludique complet et complexe obligeant le joueur à s’impliquer afin d’aller au-delà de la simple dangerosité des voyages dans le temps.

8 réflexions sur “Quantum Break : code quantum version 2016

  1. C’est le genre de jeu que j’apprécie, car il y a une structure narrative intéressante. Le joueur doit s’impliquer pour avancer. Merci d’avoir partagé ton expérience.

    J'aime

    1. Merci beaucoup! 😀
      Alors Quantum Break est une exclusivité Microsoft, il est disponible sur Xbox One depuis le mois d’avril et sur PC depuis la fin septembre. Oui c’est un bijou dans sa réalisation, il y a pas à dire, les studios nordique ont de grands talents! 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Ah ah, je viens de voir ton feedback justement 😀
        Ben écoute, je partage ton avis pour le coup. J’ai beaucoup aimé le jeu, mais il demande un investissement du joueur, c’est certain (rien qu’à voir la tonne de documents à lire)

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s