Stranger Things : ôde à l’insouciance

Après avoir longuement pratiqué mon activité quotidienne favorite, la procrastination, je me suis enfin décidé à vous bafouiller quelques mots. Ces quelques mots, qui très probablement se répandront sur quelques lignes, auront pour thème une série tout droit sortie des « eighties » et qui a fait mon plus grand bonheur cet été. Entendez par là deux soirées au mois de juillet, car oui Stranger Things est court, trop court ! Une série en huit épisodes de cinquante minutes, ou plutôt un film de huit heures avec un entracte que je nommerais « stage de fin d’étude », digne héritière des Goonies, de E.T : l’extra-terrestre ou encore d’Alien et dont la saison deux se fait déjà trop attendre.

Synopsis

Automne 1983, à Hawkins dans un petit village de l’Indiana, Mike, Will, Lucas et Dustin, quatre jeunes adolescents, jouent à Donjons et Dragons dans le sous-sol des parents de Mike. Une fois n’est pas coutume Will viendra à bout d’un des terribles personnages du jeu de rôle, le Démogorgon !

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Une victoire bien méritée à Dongeons et Dragons

Une fois la quête terminée, nos trois héros rentrent chez eux à bicyclette. Mois de novembre oblige, il fait nuit noire et un léger brouillard tombe sur Hawkins. Si Lucas et Dustin retrouvent leurs lits douillets rapidement, Will, quant à lui, a encore quelques coups de pédales à donner avant de rejoindre son domicile. Car oui, la mère de Will a eu la bonne idée d’aller s’installer avec ses deux enfants, en plein milieu des bois. Nul besoin de vous dire que ça sent un peu le roussi pour le jeune garçon à la doudoune sans manches surtout que, comme par hasard hein, à quelques kilomètres de là une étrange créature vient de s’échapper d’une ancienne base militaire réhabilitée en un immense complexe scientifique. Ça ne rate pas, Will disparaît avant même d’avoir pu crier au loup.

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La cabane où tout commence, plan iconique rappelant E.T : l’extra-terrestre

Le lendemain tout Hawkins est sens dessus dessous, des battues sont organisées, des avis de recherches sont placarder, le Sheriff en fait une affaire personnelle, et de leur côté Mike, Lucas et Dustin sont persuadés que Will a été enlevé par le Démogorgon. Menant leur enquête, toujours sur leurs fidèles deux roues, nos trois protagoniste vont faire la rencontre de Onze, une jeune fille aux cheveux courts et loin des conventions sociales, apparue juste après la disparition de leur ami.

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Arrivée fracassante de la mystérieuse Onze à Hawkins

Il s’avère rapidement que Onze est la clé de l’énigme à laquelle Hawkins est confrontée puisque la jeune fille est capable de rentrer en communication avec Will, mais ce n’est pas sans danger pour elle et peur eux.

Upside Down : de l’adulte à l’enfance

Que dire sur Stranger Things ? Vous l’aurez compris c’est un succès et un réel chef d’œuvre. Si voguer sur le rétro, et plus particulièrement en s’inspirant des années 80, n’est pas nouveau comme en témoigne par exemple la sortie dans les salles obscures de Super 8 (2011) ou encore la récente réédition de la Nintendo Entertainment System (NES). Toutefois, suivre cette bande de geeks en quête d’aventures et à la recherche de leur ami n’est pas désagréable non plus.

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Une aventure qui dépasse l’entendement, même pour des enfants

Le scénario de Stranger Things met au premier plan des enjeux simples à appréhender, ils tiennent la route et impose un rythme haletant pendant toute la saison. Si l’écriture de Ross et Matt Duffer nous invite très rapidement à nous prendre au jeu et à lâcher les pop-corns, c’est aussi parce qu’il est porté par une mise en scène calibrée, une bande son géniale et des effets visuels merveilleux. Au travers le jeu des acteurs ou encore la musique choisie, chaque scène, chaque plan, chaque échange devient iconique.

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Onze fait preuve d’étranges et de surpuissants pouvoirs

Au second plan, et notamment au travers les yeux de personnages forts dégageant en nous de rares émotions, sont mises en exergue des questions bien plus socialement parlantes telles que le deuil, l’amitié, la pression sociale, la différence, l’alcoolisme ou encore la perte d’un enfant. Stranger Things est une invitation, loin d’être naïve et extrêmement sérieuse, à parfois envisager le monde avec l’esprit de l’enfant qui est resté caché dans un coin de votre tête, envisager l’irrationnel afin de découvrir les secrets du rationnel.

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L’amitié, un des message principaux de Stranger Things

Madeleine de Proust

Si Stranger Things a sa propre identité, les frères Duffers qui sont à l’initiative de la série Netflix n’ont jamais caché leur inspiration. Si la série se passe en 1983 se n’est pas pour rien, en effet les showrunners ont très largement puisé leur créativité dans les blockbusters des années 70-80. Ainsi, et ce dès les première minutes, ont a le sentiment de regarder une œuvre de Steven Spielberg ou de Chris Colombus. A mi-chemin entre E.T : l’extraterrestre (1982) et les Gonnies (1985), Stranger Things nous emmène également sur les traces de Rencontre du 3ème Type (1977), de Firestarter (1984), d’Alien (1979) ou encore Poltergeist (1982).

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La mère de Will en pleine conversation avec les lumières, clien d’oeil à Rencontre du 3ème Type ou encore à Poltergeist

Personnellement, en regardant Stranger Things je me suis rendu compte que même moi qui suit né dans les années 90 que tous les films que nous avons évoqué précédemment, et la liste n’est pas exhaustive puisque vous trouverez encore de nombreuses autres références au fil des épisodes, me parlent énormément. En effet, inconsciemment j’ai grandi avec ces films, ils m’ont construit, m’ont fait rêver, parfois flipper et beaucoup rire. C’est avec une certaine insouciance de ma part, quant à l’importance des ces œuvres dans l’histoire du cinéma et des arts ludiques, que mes parents ont eu la bonne idée de me les montrer.

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Comment ne pas penser aux Goonies filant vers le trésor de Willy le Borgne

Aujourd’hui, je prends conscience de leur importance significative dans la pop culture et Stranger Things fut telle une madeleine de Proust sur mon inconscient, car qui n’a jamais passé des jours entiers entre Noël et le Nouvel An à regarder au chaud et parfois avec un bon chocolat chaud Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), Les Gremlins (1984), Gosthbusters (1984) ou Retour vers le Futur (1985). Une des forces de Stranger Things est d’inviter chaque spectateur à croquer dans sa propre madeleine et à savourer une nouvelle aventure sans s’appesantir sur le temps perdu.

Le mot de la fin

Lorsqu’il s’agit de regarder des séries je ne suis pas des plus assidu, et comme je le disais au début de cette bafouille, j’ai souvent même tendance à procrastiner. Toutefois Stranger Things fut une rare exception et je vous invite à prestement vous plonger dans l’univers des frères Duffer qui vous rappellera surement les chefs d’œuvres des années 70-80 ou qui vous donnera envie de vous y intéresser. Stranger Things est le fier symbole de la pop-culture, à la fois moderne et vintage, et donc tellement intemporel.

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Pas besoin de me remercier, foncez!

9 réflexions sur “Stranger Things : ôde à l’insouciance

  1. C’est une de mes découvertes, si ce n’est LA découverte de cette année, pour moi. Une fois n’est pas coutume, j’ai attaqué la série sans rien savoir de l’histoire, des personnages ou même des acteurs (d’habitude, je mate toujours une bande-annonce, histoire de me faire une idée). Là, j’étais dans une période creuse en termes de séries et tout le monde, OUI TOUT LE MONDE, en parlait. Partout. En disant combien c’était génial et tout et tout.
    Ben j’ai pas regretté d’avoir appuyé sur lecture. Je crois que je l’ai terminée en moins de deux jours. Eleven est exceptionnelle et j’ai un faible pour Dustin et son cheveu sur la langue. Par contre, tuez-moi Steve, par pitié (le copain useless de Nancy).
    Cela dit, je trouvais la fin intéressante parce qu’évasive… Je sais pas trop ce que peut donner une saison deux. Je crois que j’ai peur que cela gâche toutes les bonnes choses de la première, justement… A voir!

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  2. Les excellents scénaristes sont aujourd’hui pour la plupart sur le petit écran, la preuve en est avec cette série qui m’a touchée en plein cœur. Cette série est pour les nostalgiques et c’est avec impatience que je vais attendre comme le messie la saison 2, de la même façon que je pourrais attendre GOT. Jolie découverte que ton blog en tout cas, au plaisir de te lire 😉

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    1. Je suis d’accord avec toi, les frères Duffer, à l’image de Gilligan ou de Abrams, sont de vrais talents. Les séries télévisées n’ont plus vraiment à rougir face à l’industrie du cinéma, tant au niveau de l’écriture qu’au niveau de la réalisation. Il est devenu tout naturel, lorsqu’il y a rien à se mettre sous la dent dans les salles obscures, de se tourner vers le séries. Merci beaucoup, ton petit mot me fait énormément plaisir :).

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  3. Stranger things à touché le coeur de bien des gens. J’ai avalé la série en deux ou trois jours et je suis littéralement tombé sous le charme. Pourtant pas évident puisque généralement; les momes à l’écran ça m’exaspère (bonjour Carl de TWD! ) Mais y’a une référence à E.T alors bon… J’pouvais pas trop ne pas aimé. (:

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