Star Wars Rogue One : ce n’est pas une lune …

Sorti il y a tout juste un mois dans les salles obscures, Star Wars Rogue One est le premier d’une longue série de films visant à approfondir l’univers d’une galaxie lointaine, très lointaine, créée il y a plus de trente ans par George Lucas.Encensé par la critique et les spectateurs, le spin-off de la saga culte semble être, pour les fans et les moins initiés, le digne héritier de la première trilogie. Ainsi, Rogue One joue un mauvais tour au mal aimé épisode VII qui, quant à lui, cède une place jamais réellement acquise dans le cœur des fans de la première heure.

Les Guerres de l’Etoile

Près de vingt ans après que l’Ordre 66 ait été donné par le Chancelier Palpatine, signant ainsi la grande purge des chevaliers Jedi et l’avènement d’une nouvelle ère, l’Empire règne par la terreur sur toute la galaxie. Alors que ce dernier est sur le point de finaliser la construction d’une arme de destruction massive, capable de détruire des planètes entières, de son côté la rébellion s’organise.

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La célèbre Etoile Noire, car non ce n’est pas une lune (Disney ; LucasFilm ; 2016)

Après avoir passé une partie de son enfance et de son adolescence au sein des Partisans, une cellule rebelle dirigée par Saw Gerrera, la jeune Jyn Erso est aujourd’hui emprisonnée dans un camp de travail impérial payant sa témérité et ses nombreuses infractions. C’est une Alliance Rebelle autoritaire et dos au mur qui viendra la libérer, paradoxalement contre son gré, du joug de l’Empire.

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Jyn Erso n’est pas vraiment partante pour aider l’Alliance Rebelle (Felicity Jone ; Disney ; LucasFilm ; 2016)

Inquiète et apeurée, l’Alliance Rebelle a eu vent de l’Etoile Noire et de ses capacités dévastatrices, elle compte sur Jyn pour en apprendre un peu plus sur cette meurtrière station spatiale. En effet, si Jyn vit sous pseudonymes depuis plusieurs années c’est aussi parce qu’elle est la fille de Galen Erso, dont les recherches scientifiques sur les cristaux Kyber participe largement à l’élaboration de la super arme.

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Galen Erso est un scientifique réputé dont l’Empire a indéniablement besoin (Mads Mikkelsen ; Disney ; LucasFilm ; 2016)

Tenant à disculpé son père, Jyn Erso va accepter de collaborer avec les rebelles. Si l’objectif premier de son équipe est de retrouver son père et d’en apprendre plus sur la façon de détruire l’Etoile Noire, la mission de Jyn va finalement prendre une tout autre dimension.

Il faut sauver le soldat Erso

Disney et Gareth Edwards apportent, avec Rogue One, ce qui manquait beaucoup à Star Wars, c’est à dire un coup de projecteur sur l’univers étendu. Dans les années soixante-dix George Lucas a créé un univers tellement vaste que, pendant des décennies, de nombreux auteurs et fans ont alimentés les wikis, les forums et les librairies d’histoires, de fictions ou de délires en tout genres se déroulant autour de la saga originale. Toutefois, tous ces récits n’ont pas été validés par Lucas et aucun n’a eu sa chance sur petit ou grand écran, George préférant se focaliser sur la famille Skywalker. La firme au grande oreille, après le rachat LucasFilm, décide de s’emparer de ces récits et de s’y intéresser. Ainsi, il nous est promis quelques dérivés de la saga originelle permettant d’explorer et de comprendre un peu plus les enjeux des Guerres de l’Etoile, Rogue One ouvre alors le bal.

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Jamais l’Empire n’a été aussi puissant que dans Rogue One (Disney ; LucasFilm ; 2016)

Et franchement c’est réussi ! Rogue One permet d’avoir un aperçu réaliste et prenant des heures les plus sombres de la galaxie. Les Jedi ont disparu et la force n’a jamais été aussi obscure, les Siths et leurs Stormtroopers mettent à feu et à sang les planètes insoumises, la rébellion est à bout de souffle et perd petit à petit l’espoir de rétablir la paix dans la galaxie. L’ambiance est au rendez-vous, le régime totalitaire est omniprésent, c’est étouffant et l’on ressent cette insécurité permanente chez des résistants à fleur de peau. Par ailleurs, alors que la rébellion apparaissait comme idolâtrée et incontournable dans la trilogie originale, c’est un portrait plus nuancé de cette dernière que peint Gareth Edwards. En effet, l’Alliance Rebelle ne fait pas l’unanimité, elle impose avec force et conviction ses principes, ses actions et les moyens mis en œuvre pour y arriver à ses fins son discutables. Jamais l’Alliance a été autant divisée, encore un faux pas et la guerre est certainement perdue.

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Qui est Saw Gerrera, ancien mentor de Jyn ayant déserté la rébellion? (Forest Whitaker ; Disney ; Lucas Film ; 2016)

La guerre n’a jamais été aussi présente dans un film Star Wars. Alors qu’elle est d’habitude cantonnée au rôle de « background », la guerre civile est en première ligne dans Rogue One. Exit les Jedi et les droïdes de combat un peu cons, le conflit opposant l’Empire à l’Alliance Rebelle est violent, sanglant et meurtrier. Pour l’occasion, même les Stormtroopers ont pris de cours de tirs au blaster et sont devenus dangereux. Rogue One est un vrai film de guerre, un film de guerre se déroulant dans une galaxie très lointaine et c’est vraiment grisant. Une bonne partie du film se concentre sur la bataille au sol entre l’équipe rebelle de Jyn et les soldats impériaux d’Orson Krennic, si ces derniers sont surpris par l’imprévisibilité de l’escadron ils impressionnent tout de même par leurs forces de frappes que sont les TB-TT et les TR-TT. Si la bataille au sol est totalement folle, celle se déroulant au même moment dans l’espace l’est tout autant, et qu’il est bon de revoir les X-Wings faire la chasse au TIE autour des Destroyers Impériaux.

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Les blasters sont de sortis, la nuit va être longue pour ces rebelles (Disney ; LucasFilm ; 2016)
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Rogue One fait une belle places aux scènes de combats entre l’Alliance et l’Empire, culte! (Disney ; Lucas Film ; 2016)

Suicide Squad

Si Rogue One est un incroyable film de guerre, il souffre toutefois d’une écriture et d’une réalisation parfois trop légère. Ce qui frappe, c’est le rythme alternatif du film de Gareth Edwards. Si Rogue One démarre fort, la première moitié est longue, vraiment looooooooongue, à tel point que j’ai cru somnoler par moment. Alors oui, et c’est une trame narrative plutôt classique, la première partie du film vise principalement à présenter les personnages et les enjeux du conflit tandis que la seconde partie est plutôt axée sur l’action et les moyens mis en œuvre par les rebelles pour récupérer les plans de l’Etoile Noire. Mais si l’action principale doit se dérouler dans un second temps et nous mener au dénouement, rien n’empêchait de dynamiser la première heure du film. Au final, et amèrement, on ressent cette vaine tentative de rendre les bases de l’objectif final plus attractives en alternant notamment les phases narratives avec des phases d’actions. Toutefois cela tombe à l’eau car aucun lien et aucun liant n’est fait entre les personnages, et c’est malheureusement sur quoi repose le final explosif.

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Si la première partie du film montre la cruauté de l’Empire, elle manque toutefois de rythme (Dysney ; LucasFilm ; 2016)

Il est là le gros point noir du film, c’est que les personnages et leurs histoires, leurs caractères, leurs rôles ou encore leurs buts sont entièrement survolés. Alors oui, oui c’est difficile d’appréhender et d’approfondir dans un « one shot » de deux heures l’histoire et les particularités des membres de l’escadron Rogue One, mais laisser le spectateur dans l’interrogation la plus totale toute les cinq minutes parce qu’il faut basculer sur un autre personnage « important », était-ce vraiment le bon choix ? Finalement, on sort de la salle avec nos spéculations et bon nombre de questions qui seront à jamais sans réponses. Pourquoi l’Alliance Rebelle est si divisée ? Pourquoi Saw Gerrera a abandonné cette dernière ? D’ailleurs pourquoi il respire comme Vader et a des jambes en ferrailles ? Qui est Andor, ce rebelle torturé ? Qui est Chirrut Îmwe, l’aveugle que la Force semble habitée ? Bref, plein de questions, et je vous en passe, qui reste en suspens. Finalement, à vouloir tout dire sans rien révéler Gareth Edward se brule les ailes et oublie de traiter son personnage principal, Jyn Erso. On se retrouve avec un escadron composé de personnes sympathiques, mais dont on ne sait malheureusement pas grand chose et que rien ne semble réellement lier.

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Qui Chirrut Imwe, ce guerrier aveugle guidé par la Force (Donnie Yen ; Disney ; LucasFilm ; 2016)

Ce qui a été présenté dans le paragraphe précédent n’est qu’un avis très personnel, pourtant ce ressenti a fortement impacté la façon dont j’ai vécu la fin du film. En effet, la bataille finale sur la paradisiaque planète Scarif va définitivement sceller le destin de l’escadron de Jyn Erso, et oui le vrai « Suicid Squad » est dans Rogue One, qui va littéralement se sacrifier pour dérober et envoyer les plans de l’Etoile Noire aux rebelles. Comme j’ai pu le lire un peu partout, cette fin a bouleversé plus d’un spectateur et la critique a vivement salué les choix de la production et du réalisateur. Et bien personnellement, le final de Rogue One ne m’a pas particulièrement touché et ce qui aurait pu être sacrément gonflé retombe comme un soufflé. Certes, c’est à la fois courageux et malheureux pour l’escadron, c’est aussi important et salvateur pour les rebelles et la galaxie, et après ? Rien. Rien car pendant deux heures, et à force de survoler l’important, on a pas eu le temps de s’attacher aux personnages et même si on se doute de leur mort imminente, l’intensité précédent cette dernière n’a pas été suffisamment travaillée pour la rendre inconcevable. Le sacrifice de l’escadron Rogue One n’est pas un crève cœur, il est normal et vite oublier grâce au visage du nouvel espoir, celui de Leia.

Star Wars, vraiment ? Vraiment

Si Rogue One n’est pas parfait dans sa construction et dans sa réalisation, il aura toutefois réussi le pari fou de plaire aux fans de la saga ainsi qu’aux moins fans. Le film de Gareth Edwards arrive à se démarquer de la saga originelle tout en en intégrant les codes de cette dernière. Certain seront frappés par l’absence du célèbre générique déroulant au début du film ou des musiques originales de John Williams, mais le dernier né des studio Disney trouve sa propre identité. Ainsi, Michael Giacchino a talentueusement travaillé et composé toute la bande originale du film, et, si les musiques sont nouvelles, l’esprit de la saga est bien présent dans ces dernières. Les planètes et les lunes visitées dans le film sont tout autant réussies, mention spécial à Scarif dont l’occupation impériale tranche radicalement avec les plages de sables blanc et l’eau assurément turquoise qui la compose. De la même façon Star Wars Rogue One propose également un nouveau bestiaire d’extraterrestres, de nouveaux vaisseaux et de nouveaux droïdes dont le sympathique K2S0, un droïde de combat impérial reconditionné par la rébellion et qui aura une part important à jouer dans l’escadron de Jyn Erso.

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Sable chaud, eau turquoise et palmiers, Scarif a presque tout pour faire rêver (Disney ; LucasFilm ; 2016)
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K2S0 est toujours prêt pour donner un coup de pouce à Andor et Jyn (Diego Luna ; Felicity Jone ; Disney ; LucasFilm ; 2016)

A côté de cela on retrouve de nombreux hommage aux trilogies de George Lucas. Le film commence par exemple sur un plan de vaisseau, comme dans tout les films de la saga. De la même façon apparaissent à l’écran des endroits ou des vaisseaux familier tels que les X-Wings, TIE et autres AT-TT. De plus, certains thèmes musicaux incontournables sont parfois repris, notamment lors des apparitions de Darth Vader. S’il n’est pas le seul « héros » connu à apparaître à l’écran, le seigneur Sith laisse toutefois une grande impression et il est grisant de le voir combattre avec toute sa puissance les malheureux rebelles se mettant sur son chemin. Si cela peut passer pour du fan service, c’est pourtant utiliser avec parcimonie et logique, n’oublions pas que le film s’inscrit juste avant les événement de l’épisode IV, Un Nouvel Espoir. Pour finir, on retrouve dans Rogue One des thèmes chers à l’univers de la saga tels que l’amour, le pouvoir et le courage.

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Darth Vader est impressionnant, fort et intelligent dans Rogue One (Spencer Wilding ; Disney ; LucasFilm ; 2016)

Le mot de la fin

En fan incontesté de Star Wars j’ai vraiment apprécié Rogue One, c’est un bon film de guerre qui assume ses choix et qui permet d’aborder le conflit entre l’Empire et la rébellion d’un autre œil, tout en évitant d’évoquer la Force et son impact sur la galaxie. Toutefois, on peut regretter certaines décisions scénaristiques et artistiques qui font que beaucoup d’éléments sont aborder sans réellement être traités. Les personnages principaux, leurs caractères, leurs histoires et ce qui les lient sont insuffisamment exploités, malheureusement tout le film repose sur eux. On sort alors de la salle avec un gout amer et surtout de nombreux questions qui resteront à jamais sans réponses. Personnellement, j’ai hâte de retrouver Rey et Finn, pour le coup je crois que la Force m’a trop longtemps quitté.

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Je vous laisse, ce soir c’est pizzas

7 réflexions sur “Star Wars Rogue One : ce n’est pas une lune …

  1. Très bon article ! Je suis quasiment d’accord avec tout ce que tu as dit, tu as vraiment bien résumer je trouve. 😊 Effectivement, c’est pas facile de développer correctement l’histoire et les motivations de chaque membre de l’équipe en seulement 2 heures… Mais l’idée même du film de base était un pari risqué, et le défi fut largement relevé à mes yeux !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup! 😀
      Le défi est également relevé à mes yeux et il était de taille. Pourtant Rogue One laisse quand même un goût d’inachevé, je suis sorti de la salle avec beaucoup trop de questions et d’interrogations à mon goût 🙂

      J'aime

  2. Ah j’avais hâte d’avoir ta critique depuis que j’ai vu le film 😊 ! Je vois que tu as le même avis que mon homme vis à vis des personnages trop peu développés pour être touché par leur mort. Il a aussi trouvé le film trop rapide, non pas par le rythme mais les nombreuses présentations qui font qu’on ne sait plus trop où on en est.
    Pour ma part j’ai tout simplement adoré !! J’ai franchement eu l’impression de retrouver l’humour et le « style » de la première trilogie ça m’a fait un bien un fou. J’ai toujours trouvé qu’il y avait une grande différence entrr la trilogie et la prélogie qui se prends plus au sérieux ( à part JarJar bien entendu ^^).
    Quant à la fin … bien qu’on ne soit pas très proche des personnages, mes yeux se sont embués à partir de Scarif, jusqu’à finir en larme à la fin. Les différents morts sont vraiment crescendo.. Quant à la scène finale juste avant Leia (pour ne pas tout dévoiler 😄) elle m’a juste traumatisée ! J’ai trouvé cette scène parfaite dans sa cruauté et ai eu une pensée soudaine « C’est pire que Titanic » ! Bref j’ai aimé même si il y a eu quelques couacs et qu’il est vrai qu’en ressortant je n’avais retenu que les noms de Jin et Cassian.

    Aimé par 1 personne

    1. A mon sens se sont les nombreuses présentations, un peu fouillis et pas très bien exploitées qui casse le rythme. Je me suis vraiment senti anesthésié la première heure, aha! 🙂
      Beaucoup de personnes sont comme toi et ont adoré le film, le trouvant très proche de la première trilogie. J’ai pas vraiment eu le même sentiment, à l’inverse du Réveil de la Force, et j’ai plutôt eu l’impression que ce spin-off développait plutôt une identité propre.
      La scène finale est absolument parfaite, c’est clairement ce qu’il manquait à la trilogie initiale ou au dernier épisode de la prélogie. Une scène ou le Seigneur Sith montre l’étendu de toute sa puissance et combien il ne fait qu’un avec la force.
      Honnêtement, je ne me souvenez que du nom de K2SO en sortant, mais avec des noms aussi atypiques difficile de mémoriser parfois :).

      Aimé par 1 personne

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