Lego Batman : attention batbrique !

Lego. Batman. Deux mots qui me parlent tant les petites briques en plastique et le chevalier noir m’accompagnent depuis que je suis enfant. Encore aujourd’hui je suis un grand fan du sauveur de Gotham, suivant assidûment l’actualité le concernant, quelque soit le support.Je suis également admiratif devant Lego et ses créations toutes aussi magnifiques qu’hors de prix. Du coup à l’annonce d’un film dont le seul objectif était de me ramener 15 ans en arrière, j’étais vraiment excité, vous imaginez : Lego Batman Le Film ! OUAAAAIS ! J’ai même acheté quelques une des petites figurines de la marque danoise, à l’effigie du Batman, vendue pour la sortie du film. Oui, j’ai la volonté d’un enfant de 5 ans et c’est ainsi que j’ai rapidement fini dans une salle obscure devant Lego Batman : Le Film.

Une nuit de plus à Gotham

C’est une nuit comme les autres à Gotham City. Enfin presque. Si le Joker s’apprête une nouvelle fois à faire sauter la ville la plus mal famée des Etats-Unis, il a décidé de ne plus agir seul. Avec Harley Queen, l’Epouventail, Killercroc, Bane ou encore Condiment King, le clown veut pousser le chevalier noir dans ses derniers retranchements. L’objectif ? Lui faire avouer qu’il est définitivement son pire ennemi ou faire sauter la ville.

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Il a pas l’air comme ça mais il est doux comme un agneau Monsieur J, il veut juste être bien détesté par Batman (Lego Batman : Le Filme, Chris McKay, Warner Bros, 2017)

Sans attendre son indemnité de départ à la retraite, le commissaire Gordon active une dernière fois le batsignal. Le Batman fera alors une arrivée tonitruante, très rock’n’roll, auprès de Monsieur J et des ses acolytes. Par expérience, l’homme sous le masque connait parfaitement les points faibles de chacun des supers-vilains qui lui font face. Un par un, le chevalier noir va les réduire en briques avant d’humilier une dernière fois le Joker en lui avouant que Superman est son plus grand adversaire.

Par expérience, l’homme sous le masque connait parfaitement les points faibles de chacun des supers-vilains qui lui font face. Un par un, le chevalier noir va les réduire en briques.

Une fois de plus Gotham City est sauvée. Le Batman est largement congratulé et félicité, c’est en héros qu’il retourne dans son manoir déguster un homard et visionner son film préféré. C’est sans compter le fidèle Alfred qui va faire redescendre le milliardaire de son petit nuage lui annonçant qu’il doit participer à la nomination de Barbara Gordon au poste de commissaire de Gotham. Le majordome en profite également pour lui rappeler qu’il serait bon que Bruce Wayne songe à fonder une famille.

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Batman n’est heureux que lorsque la foule applaudie et ovationne ses exploits (Lego Batman : Le Film, Chris McKay, Warner Bros, 2017)

Bien qu’il soit un playboy milliardaire, Bruce Wayne semble totalement en retrait par rapport au super-héros qu’il incarne, et sa présence passe presque inaperçue au gala de nomination de la jeune Barbara. Toutefois, la soirée ne va pas se passer tout à fait comme prévu pour l’homme d’affaire. Alors qu’il vient d’adopter par inadvertance un orphelin, il va voir ressurgir un ennemi qu’il ne pensait pas revoir si rapidement.

MDP : iron_man_sucks

Dès les premières secondes, en voix-off et avant même le générique, Batman lui-même pose les bases du film qu’il lui est dédié. Le spectateur est prévenu, Lego Batman va démonter brique par brique les films d’action et plus précisément les films de super-héros. La recette est simple mais ô combien efficace, on reprend les codes d’un genre populaire et on les tourne à la dérision pendant plus d’une heure. Pour l’occasion Batman est au antipode du personnage créé et imaginé par Bob Kane à la fin des années trente. Le chevalier noir est ici un showman prétentieux et totalement immature. Il combat les super-vilains en écoutant des chansons à sa gloire, on peut même le soupçonner de les avoir lui-même composer tant il aime parfois sortir sa guitare électrique, il adore le homard et son film préféré est Jerry Maguire (1997) de Cameron Crowe.

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Le chevalier noir est ici clairement l’anti-batman de celui créé en 1939 par Bob Kane, et que ça brille ! (Lego Batman : Le Film, Chris McKay, Warner Bros, 2017)

Dans cette romance Tom Cruise campe le rôle d’un homme riche, beau et célèbre dont la vie mondaine commence à l’ennuyer, s’en suit alors une longue remise question qui va lui faire perdre son travail et ses amis. Seule son ancienne secrétaire et un ancien client lui resteront fidèles. Voilà, vous avez le synopsis de Lego Batman, belle métaphore ! Car si il est riche, beau et célèbre, Batman est un héros solitaire marqué par la mort de ses parents et la peur de fonder une famille. Alors qu’un nouveau danger menace Gotham, le chevalier noir va devoir faire équipe avec le jeune Dick Grayson, la nouvelle commissaire Barbara Gordon et son fidèle majordome Alfred, l’obligeant ainsi vaincre ses peurs et à sortir de sa solitude. On assiste alors à une drôle et longue remise en question d’un chevalier noir qui affirme n’avoir peur que des « serpents-clowns ».

Qu’importe le support ou l’époque, tout l’univers du Batman est savamment repris et parodiés. Les références aux différents univers du chevalier noir sont omniprésentes allant du film loufoque des années soixante au  récent combat entre Batman et Superman, en passant entre autre par la trilogie de Nolan ou encore le nanar de Schumacher. La plupart des blagues et des plans sont finement inspirés. Ainsi la batcave est un véritable musée géant en mémoire de tous les combats épiques du chevalier noir, le mot de passe du batordinateur est « iron_man_sucks » et Killer Croc s’enthousiasme d’avoir appuyé sur un bouton, une belle référence au mal aimé Suicide Squad (2016). Les références ne s’arrêtent évidemment pas ici puisque beaucoup de personnages de l’univers DC ou d’univers plus lointains sont aussi de la partie, ce qui renforce le côté « boite à jouet » du film.

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Un rapide tour d’horizon de quelques uns des hommes de plastique que vous allez rencontrer dans Lego Batman : Le Film (Chris McKay, Warner Bros, 2017)

Briques volantes non identifiées

Le moins que l’on puisse dire c’est que Lego Batman est un film explosif ! Le rythme imposé est dense, le spectateur n’a pas une seule seconde de répit et à moins d’être un brin hyperactif, c’est parfois difficile à suivre. Les blagues s’enchainent et les références sont nombreuses, c’est un véritable festival parodique, un satyre du genre. Entre deux punchlines, et comme dans les films de super-héros, on assiste à un spectacle haut en couleur, ça pète de partout, les explosions se multiplient et les petites briques volent à tout va. Là encore, les scènes d’actions sont intelligemment construites, elles s’inspirent clairement de l’univers de la bande dessinée et des films qui lui sont associés. De plus, le côté terrain de jeu pour enfant est fortement présent dans ces scènes, puisque les personnages n’hésitent pas à jouer avec les décors en petites briques afin de créer de nouveaux objets ou de nouveaux batgadgets. Ingénieux !

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Une chose n’a pas changé, les supers atterrissages sont toujours aussi liftés ! (Lego Batman : Le Film, Chris McKay, Warner Bros, 2017)

Artistiquement parlant, Lego Batman s’appuie également sur le même effet en faux « stop motion »  que pour La Grande Aventure Lego. Si il est clairement visible que certaines scènes sont totalement numériques, d’autres donnent l’impression que les personnages et les décors sont animés brique par brique.

Le rythme imposé est dense, le spectateur n’a pas une seule seconde de répit, les blagues s’enchainent et les références sont nombreuses, c’est un véritable festival parodique, un satyre du genre.

Le côté « stop-motion » donne encore une fois l’impression de voir se dérouler sous nos yeux une histoire tout droit sortie de l’imagination d’un enfant, ce dernier ayant carrément vidé sa boîte à jouets pour la fin du film tant c’est le capharnaüm à l’écran. D’ailleurs, c’est aussi un véritable festival de couleurs auquel on assiste, si elles sont loin d’être claires et ne tirent pas vers le pastel, elles reflètent parfaitement l’univers, ou plutôt les différents univers, du chevalier noir.

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Il va falloir faire un peu plus de places dans la batmobile si le chevalier noir veut emmener sa famille en vacances (Lego Batman : Le Film, Chris Mckay, Warner Bros, 2017)

Pour finir, sur la partie artistique de ce Lego Batman, il est important de souligner la qualité de la bande son. La VO est absolument géniale, la voix rauque et grave de Will Arnett colle parfaitement au héros solitaire. Les mauvaises blagues et les jeux de mots étant fortement récurrents, il parait clair que l’humour ne puisse pas être appréhendé de la même manière dans la langue de Molière et c’était d’or et déjà visible dans les sous-titres.  A côté de cela, la BO est également très soignée chaque musique fait, plus ou moins discrètement, référence au thème d’une série ou d’un film Batman. Encore un clin d’œil bien pensé de Chris McKay et de ses équipes.

Le mot de la fin

Par des passionnés, pour des passionnés ! C’est clairement le ressenti que j’ai eu en quittant la salle après ce Lego Batman. Le film s’impose par sa capacité à démolir et à reconstruire les codes de l’univers du chevalier noir, c’est clairement de là qu’il puisse sa force humoristique. Pour éviter de passer à côté de toutes les blagues, jeux de mots ou autres punchlines, j’ai eu le sentiment qu’il fallait connaitre un minimum l’univers du héros mais pas seulement. Une pleine compréhension de Lego Batman demande également à s’intéresser à la pop culture et de faire ressortir son côté geek. Personnellement, je ne pense pas que se soit un film vraiment dédié aux enfants, car si j’ose espérer qu’il plaira à certains, d’autres n’aimeront clairement pas. Il en est de même pour les adultes bien évidemment, bien que ces derniers soient plus à même de comprendre les références. Lego Batman épuisera certainement plus d’un spectateur tant le rythme est effréné et très clairement la première demi-heure du film reste celle qui est la plus maitrisée. Lego Batman n’est donc clairement pas parfait et souffre de quelques défauts mais personnellement l’enfant que suis, fan du chevalier noir et de Lego, est sorti ravi de sa séance.

 

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Je vous laisse, j’ai une soirée ! 

4 réflexions sur “Lego Batman : attention batbrique !

  1. Salutations d’un autre fan de Batman ! Ta critique est très bonne. Auparavant, j’avais eu de moins bons échos. L’humour n’est-il pas trop gras ? Il faut dire que les gens qui ont détesté, l’ont vu, en VF, me semble-t-il. Rien à voir, mais que conseillerais-tu avec vigueur, tous supports confondus, pour étendre ses connaissances et plaisirs Batman ?

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup ! Oui j’ai eu des échos plutôt mitigés autour de moi également. J’ai pas spécialement trouvé l’humour gras mais plutôt geek, il faut avoir de sacrées références pour tout comprendre. En ce qui me concerne j’ai trouvé la VO géniale, surtout pour Batman :).

      Tout supports confondus? Alors :
      – Comic : je pense que c’est la base si tu veux étendre tes connaissance sur Batman. Tu vas notamment trouver les grands classiques aux éditions urban comics. Je te conseil les Batman de Frank Miller (Year One et The Dark Night Return), un Deuil dans la Famille de Jim Starlin, The Killing Joke d’Allan Moore ou encore l’arc Kinghtfall de Doug Moench que j’adore!
      Cinéma : les grands classiques sont vraiment les films de Burton et de Nolan, ils ont donné tout deux un ton intéressant et novateurs sur le Batman tel qu’il est vu dans la culture pop aujourd’hui. Tu trouvera également d’excellent animé tiré de la série des années 90, The Dark Knight Returns ou encore Batman Under the Red Hood
      Console : il me semble que tu as déjà fait la trilogie Arkham qui est excellente et qui t’offre une vue d’ensemble sur les différents personnages 🙂

      Aimé par 1 personne

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