Alien Isolation : vilaine bête !

Acheté pour une dizaine d’euros pendant les soldes d’hiver l’an passé, je dois avouer que je n’attendais pas grand-chose d’Alien Isolation mis à part en apprendre un peu plus sur un univers que je ne maîtrise pas du tout. Ne voulant pas frissonner tout seul de mon coin, et étant un peu poule mouillée sur les bords lorsqu’il s’agit d’attaquer un « survival-horror », ma sœur s’est gentiment joint à moi afin de me soutenir durant mon éventuelle et probable détresse face à l’extraterrestre. Finalement, au fil des chapitres, Alien Isolation est devenu bien plus qu’une aventure spatiale ! Nous prenions plaisir à glisser le disque dans la machine et à nous retrouver sur Twitch ou dans mon salon afin d’accompagner une certaine Ripley dans sa quête de survie. Sueurs froides garanties !

Vacances à Sébastopol

Quinze ans se sont écoulés depuis les événements d’Alien (1979) et la soudaine disparation du Nostromo dans une galaxie lointaine, très lointaine. La jeune Amanda Ripley, dont la mère, Ellen Ripley, faisait partie de l’équipage du remorqueur spatial, est contacté par un certain Christopher Samuels de la Weyland-Yutani. La boîte noire du Nostromo a été retrouvée par un vaisseau nommé l’Anesidora et se trouve aujourd’hui à bord de la station Sébastopol, un port spatial appartenant à la Seegson Corporation et actuellement en orbite autour de la géante gazeuse KG348.  La Weyland-Yutani offre l’occasion à la jeune Ripley d’intégrer l’équipage en charge de récupérer la boîte noire sur Sébastopol, ni une ni deux cette dernière s’envole vers KG348.

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Bienvenue sur la station Sébastopole, nous vous souhaitons un agréable séjour (Alien Isolation, Sega, 2014)

A bord du Torrens, et à l’approche du port spatial, l’équipage va rapidement se rendre compte que Sébastopol est en piteux état. Alors qu’ils n’arrivent pas à rentrer en communication avec la station, Ripley, Samuels et Taylor vont tenter une sortie dans l’espace afin d’enquêter sur le mystère qui règne autour de cette dernière.

Sébastopole en ruine, ses derniers occupants se mène une lutte sans merci pour survivre, les vieux androïdes de services sont devenus violents et un mystérieux « tueur » sa balade dans les couloirs du port.

La jeune femme, malchanceuse va alors être séparée du groupe et forcée de pénétrer dans Sébastopol. A l’intérieur, il semblerait que Seegson Corporation ait cessé de gérer son port spatial depuis un bon moment ! La station tombe en ruine, ses derniers occupants se mène une lutte sans merci pour survivre, les vieux androïdes de services sont devenus violents et un mystérieux « tueur » sa balade dans les couloirs du port.

Tandis qu’elle cherche un moyen de contacter ses collègues, Ripley va faire la rencontre d’Axel qui tente désespérément de survivre au sein de ce vaste capharnaüm. En échange d’une place sur le Torrens ce dernier va accepter de l’aider à retrouver la boîte noire du Nostromo avant de se faire sauvagement tuer par le « tueur » de la station : un Alien ! Ce dernier va alors se mettre à chasser et à traquer notre chère Ripley qui va devoir apprendre à se faire plus que discrète pour survivre sur Sébastopol, pas évident lorsque même les synthétiques et les anciens membres de la Seegson Company se montrent eux aussi de plus en plus agressifs. De mésaventures en mésaventures, et avec le xénomorphe aux trousses, la jeune femme va faire preuve d’une grande ingéniosité pour survivre et quitter la maudite station.

Cache-cache 

Dans Alien Isolation vous incarnez Ripley en vue subjective, rien de mieux, à mon sens, pour se glisser pleinement dans la peau du personnage. Comme dans beaucoup de jeux, la jeune femme commence son périple avec peu de choses en poche mis à part une lampe torche et quelques piles pour l’alimenter. Si rapidement elle va trouver quelques munitions et un vieux Colt, ce dernier ne sera pas vraiment être d’une aide précieuse, l’Alien étant invulnérable et les Synthétiques hautement résistants. Mis à par faire dissuader quelques pilleurs au risque de faire beaucoup de bruit et d’attirer un danger encore plus grand, vous ferez mieux de garder vos balles qu’en cas d’ultime recours. Car à la manière d’Outlast, la seule solution pour rester en vie sera d’être discret, de bien observer ce qui vous entour, d’être à l’affut du moindre bruit dans la station, de savoir vous cacher et, seulement si la mort vous pend au nez ou bave sur votre épaule, courir !

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Les sympathiques synthétiques seront toujours là pour vous filer un coup de main ou un coup de poing (Alien Isolation, Sega, 2014)

Bon, si votre survie dépendra beaucoup de votre capacité à rester planquer dans un casier en retenant votre respiration ou vous glisser illico-presto dans un conduit d’aération au moindre bruit, certains outils et armes vous seront bien utiles dans certaines situations. C’est notamment le cas de votre lampe torche et de votre détecteur de mouvement, deux outils fort bien utiles mais bien handicapant. En effet vos ennemis, l’extraterrestre en première ligne, seront vraiment sensibles au mouvement et au bruit, autant vous dire que le détecteur et son sympathique « bip-bip » est à utiliser avec précaution.

La seule solution pour rester en vie sera d’être discret, de bien observer ce qui vous entour, d’être à l’affut du moindre bruit dans la station, de savoir vous cacher et, seulement si la mort vous pend au nez ou bave sur votre épaule, courir !

Ripley étant une formidable ingénieure, le crafting sera vraiment important  dans Alien Isolation, il vous permettra d’améliorer vos différents outils (outil de maintenance, soudeur ionique …) et de vous créer quelques armes (taser, bombe électromagnétique …) mais attention, n’oubliez pas elles sont à utiliser qu’en dernier recours. Ici pas de monté en compétences comme dans de nombreux jeux votre rapport aux ennemis sera presque le même du début à la fin, seul quelques armes trouvées en chemin vous permettront d’augmenter vos chances de survie comme le lance-flamme qui permettra d’éloigner la vilaine bête à condition d’avoir un peu de gaz sur vous, bien évidemment.

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« Bip-bip » … regarde devant toi, je crois qu’il est trop tard pour courir (Alien Isolation, Sega, 2014)

Au fur et à mesure, vous avancerez dans Sébastopol et en explorerez les recoins les plus sombres. Votre progression dans le port spatial sera, au départ, peu évidente, beaucoup d’accès ayant été condamné par la Seegson Company. Apprêtez vous donc à faire beaucoup de chemin, bien souvent accroupi pour ne pas faire trop de bruit hein, afin d’atteindre vos objectifs. Ces derniers vous permettront, en plus de chercher à quitter la station et de contacter le Torrens, de récupérer tout un tas d’informations sur Sébastopol, la Seegson Company, la Weiland-Yutani ou encore sur les événements ayant conduit à la disparition du Nostromo. De fil en aiguille, ces différentes informations compilées au travers d’enregistrements audio, de mails ou de fiches vont permettre à la jeune Ripley de comprendre les mystères qui entourent le port Spatial et la présence du xénomorphe sur ce dernier. Chose utile, n’oubliez pas non plus de récupérer les plans des différentes tours de la station et de sauvegarder votre progression au niveau des téléphones d’urgence cela pourrait vous être utile. Et oui !  Autre facteur de stress dans cet Alien Isolation, les sauvegardes ne sont pas automatiques, l’angoisse pour un jeune gamer comme moi.

Huis clos spatial

L’ambiance d’Alien Isolation est folle ! Honnêtement, j’ai jamais été autant stressé et angoissé devant ma console. Les développeurs de Creative Assembly ont décidé de ne pas utiliser de « screamers » à outrance pour effrayer le joueur, la peur n’est pas forcée mais induite par de nombreux éléments, tels que les jeux de lumières ou la bande son, qui réunis vous rendront à fleur de peau. La station Sébastopol, qui pour rappelle se trouve au beau milieu de l’espace et à des années lumière de toute vie, est le lieu parfait pour un huis clos interstellaire. Les couloirs du port spatial sont immensément vides, chaque bruit que vous entendrez est anormal et vous fera craindre le pire, vous avancerez alors de cachette en cachette le sang glacé et la respiration haletante en vous demandant sans cesse ce qui vous attendra derrière la prochaine porte ou ce qui se balade dans les conduits au dessus de vos tête. Si dans Alien Isolation la musique rythmera parfaitement les différentes phases du jeu et les battements de votre petit cœur recroquevillé, elle vous mènera de temps en temps en bateau vous faisant prendre vos jambes à votre cou alors qu’il ne s’agit que d’une simple panne de courant dans une station à l’abandon. Sadique !

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Grosse ambiance au sein du port spatial de la Seegson Corporation (Alien Isolation, Sega, 2014)

L’atmosphère ambiante d’Alien Isolation est parfaitement maitrisée, elle vous rappelle sans cesse que vous vous promenez dans un cercueil interstellaire, et autant vous dire que ce n’est pas une balade de santé. Le rythme est soutenu et pourtant tellement maitrisé, car c’est l’angoisse de la situation et l’expectative qui vous essoufflera plus que la vision de vos colocataires. Pendant une vingtaine de chapitres la jeune Amanda Ripley va parcourir la Sébastopol de long en large, voguant de tour en tour avec l’espoir de se tirer de cet enfer.

Le xénomorphe ne cesse de vous pourchasser et de vous traquer, vous l’entendrez se déplacer dans la tuyauterie au dessus de vous, vous croiserez régulièrement une de ses victimes aux yeux exorbités, les filets de bave dégoulinant du système de ventilation vous ferons rebrousser chemin.

Chaque nouvel objectif qu’elle aura à accomplir mènera Ripley vers un nouveau lieu et vers de nouvelles menaces, si la peur est toujours présente elle n’est jamais induite de la même manière. Creative Assembly a vraiment soigné la narration, tout s’enchaine merveilleusement bien et les nombreux twists, bien que parfois prévisibles, restent logiques. On ne s’ennui donc jamais sur le port spatial de la Seegson Company, c’est parfois même épuisant, tant pour notre héroïne que pour la personne qui est aux manettes, et les phases où l’on peu réellement se relâcher sont trop peu nombreuses. Au final, c’est épuisé mais satisfait qu’on arrive à bout des dix-neuf chapitres après près de vingt-cinq heures de jeu.

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Le danger est partout, et il ne s’appelle par Walter White ici !  (Alien Isolation, Sega, 2014)

Et puis il y a la bête ! Car honnêtement, être coincé dans une boite de conserve spatiale avec des synthétiques dysfonctionnels ce n’était vraiment pas suffisant, hein ! Sans rire, la bestiole fait tout le travail, elle vous paralyse et vous oblige à ramper pour avancer. Sa première apparition est saisissante, mais diable comment Ripley arrive-t-elle à ne pas tourner de l’œil devant le géant et affuté bipède qui transperce devant elle la seule personne capable de l’aider sur la station, rien que d’en parler j’en ai des frissons. Le xénomorphe ne cesse de vous pourchasser et de vous traquer, vous l’entendrez se déplacer dans la tuyauterie au dessus de vous, vous croiserez régulièrement une de ses victimes aux yeux exorbités, les filets de bave dégoulinant du système de ventilation vous ferons rebrousser chemin. Dès lors vous deviendrez totalement paranoïaque, vous vous glisserez sous un bureau ou dans un casier vide au moindre bruit, ça sera parfois salvateur et parfois une pure perte de temps hachant un peu plus votre progression. Le huitième passager, cette figure iconique de la science-fiction, est toujours présent même lorsqu’il est physiquement loin de vous et il y a vraiment de quoi devenir fou.  

Monstre sacré 

Alien Isolation est vraiment beau, même graphiquement un peu lisse et redondant, mention spéciale aux plans spatiaux ainsi qu’aux phases de gameplay dans l’espace qui sont vraiment sympas. Mais ce qui frappe le plus, et cela participe largement à entretenir le mythe de l’alien, c’est le côté vintage du jeu. Comme dans le film de Ridley Scott on est projeté dans le futur fantasmé des années 70-80, du coup on se retrouve dans un tas de tôle gravitant autour d’une planète gazeuse effrayante et en présence de robots aussi disjonctés que le HAL 9000 de Kubrick. Brrrr ! Les technologies présentés dans Alien Isolation semble à la fois tellement avancées et pourtant si obsolètes, comment peut on gérer un port spatial comme Sébastopol avec pour seuls PC des répliques d’IBM PC 5150 ? Un contraste aujourd’hui saisissant et pourtant encore tellement crédible il y a quelques années, qui amuseront les plus jeunes et rendront nostalgique les moins jeunes. Personnellement, fan de science-fiction et encore plus des films du genre des années 1970 et 1980, j’ai vraiment adoré cette ambiance film de science-fiction retrofuturiste ! Un côté vintage qui est même assumé dans le gameplay avec la présence d’une sauvegarde manuelle qu’on pensait enterrée depuis longtemps maintenant.

Alien Isolation est donc, vous l’aurez compris, plutôt fidèle à l’œuvre originale de Scott Alien (1979) dont il est la suite direct. Que ce soit dans la conception et le développement des graphismes, du gameplay et surtout de l’ambiance, les développeurs de Creative Assembly ont visiblement tenu à rendre hommage au monstre sacré de la SF. Paris tenu ! Un travail monstrueux a alors été fait pour créer un pont logique entre les événements du premier film et cet opus videoludique, vous trouverez alors pendant votre séjour sur Sébastopol de nombreux fichiers écrits et audio comptant l’étrange disparition du Nostromo et de son équipage. Certains de ces documents vous permettront même de faire le lien entre ce qui s’est passé à bord de la navette dans laquelle se trouvait votre mère et votre situation actuelle. Les fans de la première heure seront par ailleurs servis puisqu’un chapitre permet aux joueurs de revivre la découverte du nid alien sur la planète LV-426 ! Alien Isolation déploie alors un fan service plutôt efficace, qui donneront envie de découvrir ou de revoir l’œuvre originelle, et qui rend hommage de la plus effrayante des manières à un icone du septième art.

Le mot de la fin

Alien Isolation n’est pas parfait, mais presque ! On ne peut pas lui reprocher grand-chose tant le gameplay est soigné, les graphismes sont propres, la narration maitrisée et l’ambiance effrayante. La force d’Alien Isolation réside surtout dans son ambiance, dans l’atmosphère que dégage la station spatiale à l’abandon et la peur induite par le xénomorphe, le reste n’est qu’artifices et c’est bien suffisant. Si vous êtes fan de l’extraterrestre, de science-fiction ou encore de survival, foncez, ce jeu est fait pour vous mais n’oubliez pas, hurler de vous servira à rien car là où vous êtes personne ne peut vous entendre.

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Je vous laisse, j’ai l’oreille qui gratte ! 

3 réflexions sur “Alien Isolation : vilaine bête !

  1. Superbe article, qui donne l’impression d’y avoir joué ! Et honnêtement, je me contenterai de cette impression, même si c’est tentant. Je ressors d’un Resident Evil 7, et comme tu dis, on ressort de ces jeux satisfaits, mais aussi très épuisés :p

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  2. Très bon article et tu as bien raison de louer les mérites de ce jeu qui est franchement excellent. Pas parfait car (entre autres) un peu trop long mais néanmoins excellent : level design incroyable, ambiance de fou-dingue, graphismes très respectables…

    Vraiment j’ai adoré ce jeu qui en plus de ça est une excellente suite au « Alien » d’origine !

    Et pourtant, je suis loin d’être client des survival horror en règle générale. :3

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